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J'ai mis ma maison sur un Raspberry Pi — et je refuse qu'elle dépende d'internet

10 mai 2026 · 5 min · #domotique #homeassistant #netatmo #legrand #maison

J'ai un principe simple en domotique : je veux que ma maison m'obéisse, pas l'inverse. Et j'ai un deuxième principe, plus fort encore : un interrupteur qui ne marche que si internet est debout, ce n'est pas un interrupteur — c'est un pari. Alors j'ai construit l'inverse : un cerveau local, à la maison, qui ne demande la permission à personne.

Voici comment c'est foutu aujourd'hui, et — surtout — pourquoi je suis volontairement encore au début.

J'ai commencé par le cerveau, pas par les gadgets

Le réflexe classique, c'est d'acheter une ampoule connectée, puis une prise, puis un capteur, et de se retrouver six mois plus tard avec cinq apps qui ne se parlent pas. J'ai fait l'inverse : j'ai d'abord posé le cerveau, puis j'y ai branché des choses.

Ce cerveau, c'est HomeAssistant, qui tourne sur un simple Raspberry Pi chez moi. Le choix tient en trois mots :

  • Local d'abord. L'essentiel tourne sur le Pi, pas dans un cloud que quelqu'un peut décider d'éteindre. Pour un dev, c'est aussi rassurant que satisfaisant.
  • Ouvert. Open source, communauté énorme, je ne suis l'otage d'aucun fabricant.
  • Agnostique. Chaque marque devient juste une source de données et d'actions sous un même toit. Une seule interface, une seule logique.

C'est exactement la mentalité que j'applique au boulot : une single source of truth, et tout le reste qui s'y branche. Sauf qu'ici, le système, c'est mon salon.

Le local-first, en vrai

Mes interrupteurs et mes prises, c'est du Céliane with Netatmo (Legrand). Le détail qui a tout décidé pour moi : ils continuent de fonctionner même sans internet. La box tombe, le wifi rame, le cloud du fabricant est en maintenance — la lumière s'allume quand même, depuis l'interrupteur mural, comme un interrupteur normal.

Interrupteur Céliane with Netatmo en cours de pose, câblage apparent
Un interrupteur Céliane with Netatmo, en cours de pose. Connecté, mais qui marche même sans box.

Ça paraît évident dit comme ça. Ça ne l'est pas : une bonne partie du matériel « connecté » du marché devient une brique morte le jour où le serveur distant ne répond plus. Moi, je refuse ce compromis sur les fonctions de base d'une maison.

À côté, j'ai commencé à ajouter du Zigbee — notamment des sondes de température IKEA, pas chères et locales. Elles remontent dans HomeAssistant comme n'importe quelle autre entité, et je vois enfin la température pièce par pièce au même endroit que le reste.

Ce qui tourne déjà

Je ne pars pas de zéro. Deux choses me servent tous les jours :

  • La voix. D'abord pour le fainéant en moi — éteindre, allumer, sans bouger du canapé. Mais surtout pour le geste que je faisais mal avant : tout éteindre en partant, quand il n'y a plus personne. Une phrase, et la maison se met en veille.
  • Les alertes. J'ai équipé en capteurs d'ouverture la porte principale, le garage et la porte du jardin (patio) : si l'une reste ouverte, je le sais. Et avec les sondes de température, je reçois une alerte chaleur ou froid quand une pièce sort des clous.

Ce sont des automatisations utiles, pas des gadgets : de la sécurité et de l'économie d'énergie, sans rien avoir à penser.

Sonnette connectée en cours d'installation
La sonnette connectée — branchée dans le même cerveau que le reste.

Concrètement, une alerte porte, dans HomeAssistant, c'est quatre lignes :

# Si la porte du garage reste ouverte plus de 5 min : on me prévient.
trigger:  { platform: state, entity_id: binary_sensor.garage, to: "on", for: "00:05:00" }
action:   { service: notify.mobile, data: { message: "Garage resté ouvert 🚪" } }

Ma cible : la tablette familiale comme hub

Le piège que je veux éviter : un truc que seul moi sais utiliser. Donc le cap, c'est une tablette murale qui devient le centre de la maison pour toute la famille :

  • les automatisations et l'état de la maison, à portée de doigt ;
  • un agenda partagé et une todo partagée, là où tout le monde passe ;
  • la maison intelligente rendue lisible : températures, alertes portes, chaleur/froid — sans ouvrir une app ni rien comprendre à HomeAssistant.

La domotique réussie, ce n'est pas celle qui impressionne. C'est celle que la famille utilise sans même savoir qu'il y a un Raspberry Pi derrière.

Ce qui manque encore

Honnêteté de dev : il me reste les automatisations de confort, celles qui croisent les briques. Et là, je bute sur du concret :

  • Pas encore de volets connectés (Legrand) — ce sont eux qui débloqueront les vraies routines horaire/soleil.
  • Le chauffage. J'ai bien un thermostat Frisquet (celui de la chaudière) qui fait très bien son job — mais il ne parle pas encore à HomeAssistant. J'avais un Nest dans mon ancien appart ; avant d'en remettre un, je veux voir si je peux plutôt intégrer le Frisquet ou piloter la chaudière proprement, sans superposer deux systèmes.
  • Ça coûte cher, et ça prend du temps. La domotique, c'est un poste de dépense qui s'étale et un projet qui se monte par couches. Vouloir tout faire d'un coup, c'est le meilleur moyen de tout faire mal.
Thermostat Frisquet mural affichant 20°C
Le thermostat Frisquet de la chaudière : efficace, mais pas encore relié au cerveau.

La feuille de route, dans l'ordre : voletsthermostat (après vérif chaudière) → plus de capteurs Zigbee → automatisations croisées (une sonde qui ferme un volet ou lance le chauffage) → déclencheurs NFC (un tag qu'on scanne pour lancer une scène). Le genre de détail qui rend la maison tangible.

Ce que je retiens

Commence par le cerveau, pas par les gadgets. Choisis du matériel qui marche en local pour les fonctions vitales. Et accepte que ce ne sera jamais « fini » — c'est un projet vivant, qui se monte par couches, au rythme du budget et du temps.

Appliquer mes réflexes de dev à ma propre maison — un socle propre avant les features, le local avant le cloud, l'utilisateur (ici, la famille) avant la démo — c'est un plaisir coupable que j'assume totalement.

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